A bientôt là bas!
Un espace où je parle d'Histoire et où je donne mon avis sur mes lectures, mais aussi où je livre mes billets d'humeur. Surtout, n'hésitez pas à laisser une trace de votre passage en postant un commentaire.
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lundi 1 juin 2015
Déménagement
Pour plus de clarté, retrouvez désormais la chronique "La petite histoire de l'Histoire" à l'adresse suivante :
lundi 25 mai 2015
Focus sur...#6. Les pires empereurs romains "J'chuis qu'un dingue dans tête"
Aujourd’hui c’est lundi. Et le
lundi, soit on se demande ce qu'il faut faire pour gagner l'Eurovision, soit on lit « La petite histoire de
l’Histoire »
Comme moi j'écoute encore Marie Myriam, j’ai le plaisir de vous
parler aujourd’hui non pas d’un mais de 6 personnages
historiques. Et sans supplément tarifaire ! Oui madame !
Pour cet épisode 38, nous allons
voyager loin dans le temps pour nous rendre au cœur de l’Empire
Romain. Et là mes petits amis du 21e siècle, je vous
vais vous présenter l’élite de la crème fouettée du panier de
cerise pour gâteaux, le top du top de l’époque : les
empereurs !
Oui mais dit comme ça, ça a l’air
un peu chiant…Alors, comme je vous connais bien, je vous ai préparé
une sélection des empereurs romains les plus fous qui ont régné.
Et croyez moi, vous n’allez pas en revenir indemne ! Restez bien jusqu'à la fin, le dernier est mon petit favori!
La machine à remonter le temps a mis
sa plus belle toge et révisé son latin : Allez, c’est
parti !
On commence par le plus connu :
Néron, qui règne de 54 à 68.
Son côté « différent » :
* Il empoisonne son frère adoptif
*Il répudie sa 1ere épouse, la fait décapiter, et offre sa tête à sa nouvelle femme, Popée, qui se servira du « trophée » pour planter ses épingle à cheveux…
* Au cours d'une dispute, il finit par tuer également Popée, alors enceinte: il lui fracasse la tronche et tue le fœtus à coup de pied
* Mais pris de regret, il tombe un jour sur un jeune garçon qui ressemble à Popée…il le fait castré, le travesti et le force à l’épouser
* Il fait tuer sa mère, son percepteur, et pousse au suicide bon nombre de sénateurs et généraux
* Après l’incendie de Rome, il accuse les Chrétiens d’en être responsables, et en fait bruler vifs la nuit dans les jardins du palais pour lui servir d’éclairage !
* Contraint au suicide suite à une révolte de légionnaire, il s’écrie en mourant : « Quel artiste meurt avec moi ! »
Commode, qui règne de 180 à 192
Son côté « différent » :
* Passionné de combats de gladiateurs, il ne s’intéresse pas du tout à son rôle d’Empereur et passe ses journées dans l’arène à combattre
* Il est persuadé d’être la réincarnation d’Hercule, alors il se promène vêtu d’une peau de lion, une massue à la main
* Outre les combats de gladiateur, ce qu'il aime Commode, c'est décheniller de l'animal à tour de bras. Il passe des journées à décapiter des lions, massacrer des éléphants etc...et il oblige les sénateurs à assister au spectacle. Un jour, il décapite une autruche, et brandi la tête ensanglantée vers les sénateurs en leur disant "Bientôt, ce sera votre tour"
* Empoisonné par son secrétaire et son préfet, il est tellement bourré ce jour là qu’il vomit le poison…il faudra que les conspirateurs l’étranglent pour l’achever... pas commode...
* Rien à voir, mais c'est lui le méchant dans "Gladiator" de Ridley Scott
Domitien, qui règne de 81 à 96
Son côté « différent » :
* Il passe une grande partie de sa vie à essayer de tuer son frère
* Il adore transpercer les mouches avec une aiguille…
* Il se fait modestement appeler « Maître des Dieux »
* Il fait recouvrir les murs de son palais de miroirs pour surveiller ses arrières au cas où on tenterait de l’assassiner
* Il couche avec de nombreuses prostituées, dont sa propre nièce
* Il fini assassiné (pas efficaces les miroirs…) et le Senat vote le Damnatio Memoriae : on détruit toute les statues le représentant et on efface toute mention de son nom comme s’il n’avait jamais existé
Caracalla, qui règne de 211 à 217
| Ouuuuh qu'il a l'air sympa! |
Son côté "différent" :
* Pour ne pas partager le pouvoir, il tue son propre frère d'un coup de glaive à la gorge alors que celui-ci était dans les bras de leur mère
* Il se livre ensuite à une série de meurtres pour épurer Rome, environ 20 000 personnes...
* En visite à Alexandrie, il n'apprécie pas vraiment que les statues le représentant soit livrées avec du retard, alors il rassemble 15000 personnes sur une place et les fait massacrer par son armée.
* En guerre contre les Parthes, il finit par demander la main de la fille de leur roi pour conclure la paix. Le jour des noces, quand toute l'élite Parthe est réunie, Caracalla ordonne à son armée de tuer tout le monde (c'est une manie chez lui!)
* Il est assassiné à Haran en Turquie, d'un coup de glaive en 217.
Elagabal, qui règne de 218 à 222
Son côté « différent » :
* Neveu de Caracalla, il devient empereur à 14 ans, et visiblement…c’était trop tôt, il n’était pas prêt !
* Né en Syrie, il ramène de sa région natale une pierre noire mystique. Il exige qu’elle soit transportée jusqu’au palatin dans un char en or, attelé à des chevaux blancs qui sont conduits à reculons jusqu’au temple ! (sans radar de recul, balaise la prestation !)
* Afin de concevoir des enfants divins, il enlève une prêtresse Vestale qu’il viole (alors qu’elle doit rester vierge)… devant l'indignation du peuple romain après ce geste, il renonce à l’épouser.
* Pas plus mal, car il préfère de loin les hommes… Il charge ses employés de recruter dans la ville les hommes les mieux membrés, car il aime par-dessus tout se travestir en Vénus et servir de femme lors d’orgies homosexuelles
* Il cherche durant toute sa courte vie un moyen de se faire castrer sans douleur et d’être doté d’organes génétiques féminins
* C’est un petit plaisantin, et l’une de ses blagues favorites est vraiment, mais alors vraiment marrante : lors des orgies, ses invités se réveillent parfois dans des cages aux côtés de lions, panthères, ours…on imagine la terreur !
* Il est assassiné (noooooon ??) à 18 ans lorsque l’armée apprend qu’il cherche à tuer son propre cousin. Et la pierre noire retourne (en marche avant) en Syrie !
Caligula, qui règne de 37 à 41 (mon chouchou!):
| Il ne vous fait pas penser à Joffrey dans Game of Thrones? |
Son côté « différent » :
* En fait, au départ, c’est plutôt un bon Empereur…et puis un jour il tombe malade, et à son réveil…il a pété une durite
* Il se prend pour un Dieu et envisage de remplacer toute les statues de Rome par les siennes !
* Il couche avec ses sœurs, et avec les femmes des autres qui n’ont rien à dire s’ils ne veulent pas finir assassinés…
* Il fait assassiner sa grand-mère, son cousin, des sénateurs…même le roi de Maurétanie qui avait eu le malheur de venir le voir habillé en pourpre, couleur réservée à l’empereur !
* Il adore annoncer que les greniers à blé de la ville sont vides pour assister aux émeutes de panique…quel farceur !
* Insulté par un romain, il fait exécuté toute la petite famille du monsieur…mais l’une des fillette a 7 ans…Or, il est interdit dans la culture romaine de tuer une jeune fille vierge…Pas de soucis, Caligula la viole avant de la tuer.
* Au cours d’un repas, il éclate de rire. Quand on lui en demande la raison, il répond « Je viens juste de penser que d’un seul mot, je peux tous vous faire décapiter » Ah ah ah, on se marre bien lors des soirées avec Cali !
* Il dit d’ailleurs souvent à ses maitresses « Une si jolie nuque sera tranchée dès que j’en donnerais l’ordre »
* A grands frais, il envoie ses légions en Grande Bretagne pour…ramasser des coquillages sur la plage !
* Lors des jeux du cirque, il fait fermer les portes des arènes et laisse cuire les spectateurs en plein soleil…à tel point que certains font semblant d’être morts pour être évacués !
* Il adore tellement son cheval qu’il lui fait construire une maison avec mangeoire en ivoire, lui attribue des serviteurs, du mobilier…
* Il termine sa vie comme les autres, assassiné, battu à mort par les soldats de sa garde. En mourant, il crie « Je suis toujours vivant !! »…comme dans les films d’horreur !
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La semaine prochaine, je vous donne rendez-vous pour l'épisode 39. Nous franchirons l'Atlantique et nous ferons un sacré bond dans le temps pour un épisode "Ca s'est passé un jour". Et bien sûr, j'aurais du lourd, du très très lourd!
lundi 18 mai 2015
Portrait de Roi #5. Charles IX de France "Un histoire de sang"
Aujourd'hui c'est lundi. Et le lundi, soit on fête le titre "surprise" de champion de France du PSG, soit on lit "La petite histoire de l'Histoire".
Comme moi je trouve que le foot c'est nul quand le PSG gagne, j'ai le plaisir de pouvoir vous faire le portrait d'un roi de France comme on les aime ici : nul, fou, et qui fini mal. Oui, vous êtes de petits sadiques, je le sais bien.
Charles IX, car c'est de lui dont il s'agit mais en même temps c'est marqué dans le titre, n'aura pas eu une vie bien longue, mais cela lui aura suffit à entrer dans l'Histoire...mais pas forcément par la grande porte!
La machine à remonter est réglée pour un départ un pleine guerre de religion, direction le 16e siècle : Allez, c'est parti!
Comme moi je trouve que le foot c'est nul quand le PSG gagne, j'ai le plaisir de pouvoir vous faire le portrait d'un roi de France comme on les aime ici : nul, fou, et qui fini mal. Oui, vous êtes de petits sadiques, je le sais bien.
Charles IX, car c'est de lui dont il s'agit mais en même temps c'est marqué dans le titre, n'aura pas eu une vie bien longue, mais cela lui aura suffit à entrer dans l'Histoire...mais pas forcément par la grande porte!
La machine à remonter est réglée pour un départ un pleine guerre de religion, direction le 16e siècle : Allez, c'est parti!
Mais qui es-tu Charly?
* Il est né le 27 juin 1550 à St Germain en Laye. Son père, c'est Henri
II, celui qui va mourir 9 ans plus tard lors d'un tournoi, se prenant une lance en pleine poire. Sa mère, c'est la non moins célèbre et tout à fait sympathique Catherine de Médicis.
| Juste pour illustrer l'enfance heureuse et joyeuse de Charles : sa maman |
* Alors donc, quand il a 9 ans, son père meurt dans d'atroce souffrance. Du coup, c'est son frère aîné, François II qui monte sur le trône à 14 ans en 1559.
* Oui mais voilà...le pauvre François est déjà chétif, malade, et meurt seulement 1 an plus tard. Voilà donc notre Charles couronné Roi de France en 1560 à l'âge de 10 ans seulement!
* En réalité, c'est maman Médicis qui tient les reines du Royaume d'une main de fer. Faible psychologiquement, Charles est sous la coupe de cette femme de poigne.
* Pour asseoir son autorité et tenter d'apaiser les conflits religieux entre catholiques et protestants, Catherine de Médicis fait faire un tour de France à Charles. Là, il constate que selon les régions, l'année ne commence pas à la même date. Ainsi, quand à Lyon l'année démarre en février, une bonne partie du Royaume lui démarre l'année en avril. Pas pratique tout ça pour caler des RDV chez le dentiste! Alors Charles il prend une grande décision et ordonne que l'année commence le 1er janvier partout en France dès l'année 1564! Et VLAN, le réveillon 1 semaine après Noel, c'est lui!
* Du coup, 2e héritage que nous avons de lui : vu que l'année ne commence plus le 1er avril, les gens ont pris l'habitude de se faire des blagues ce jour là, puisqu'avant on s'offrait souvent de la nourriture pour fêter la fin du carême, on va se mettre à offrir de faux poisson pour un faux début d'année : et re-VLAN : c'est le poisson d'avril! Balaise Charles!
* En 1572, afin de réconcilier les catholiques et protestants qui se foutent sur la gueule depuis plusieurs année, le Roi marie sa jeune sœur Marguerite au protestant Henri de Navarre (futur Henri IV). Tout le gratin des deux partis est réuni à Paris. C'est là qu'à lieu une tentative d'assassinat sur Coligny, membre du conseil du Roi et protestant. Catherine de Médicis voulait en effet stopper l'influence de ce dernier sur le jeune Charles.
* Les protestants sont furieux. Voyant là une excellente occasion de grandement les affaiblir, Catherine de Médicis et son autre fils vont pousser Charles IX a donner un ordre terrible. D'abord réticent à cette idée, il va finir par céder sous la pression : il ordonne qu'on ferme les portes de la ville et qu'on tue tous les protestants. Il dira "Qu'on les tue tous, qu'il n'y en ait plus un pour venir me le reprocher"
* La nuit du 24 août 1572, c'est le massacre de la St Barthélémy. Partout dans les rues de Paris, on tue, on défenestre, on massacre à tour de bras ceux qui sont protestants ou qui les cache. Les corps sont jetés dans la Seine, hommes, femmes, enfants, à tel point que l'eau se teinte d'un rouge écarlate. On compte environ 3000 morts. Seuls le Prince de Condé et Henri de Navarre échappe de peu à la mort.
* Après cet évènement, Charles ne parviendra pas à se défaire de la culpabilité et du sang qu'il a indirectement sur les mains. Il va sombrer petit à petit dans la folie, victime d'insomnie et d'hallucinations de plus en plus fréquentes.
* On raconte qu'il joue du cor de chasse dans les couloirs du Louvre à s'en faire éclater les poumons. Il se prend de passion pour les jeux sanglants, exigeant qu'on lâche des lapins dans les châteaux pour les chasser
* En visite royale, il peut sur un coup de tête égorger les animaux de toute une ferme. De nombreuses indemnités sont versées à de pauvres fermiers qui ont vu leur troupeau décimé par le roi fou.
* Pendant les parties de chasse, il arrive à Charles de caresser ses chiens qu'il adore, puis l'instant d'après, les égorger sans raison...
* Il ne gouverne quasiment plus, sa mère se chargeant de toute les décisions politiques.
La fin :
* A partir de 1573, il est pris de vomissement sanglants et s'affaiblit de plus en plus
* En 1574, il est transporté à Vincennes pour y être soigné, mais rien n'y fait. On lui indique que le comte Montgomery, celui qui a tué son père lors du tournoi de 1559, a été fait prisonnier. Il ne manifeste aucun sentiment et déclare "Tout les choses humaines ne me sont plus rien"
* Le 28 mai, respirant difficilement et souffrant le martyr, Charles IX voit sa fin arriver. Il transpire abondamment et sa peau suinte de sang, ce qui le rend encore plus fou. Il a peur, il est terrorisé, il dit à sa nourrice : "Nourrice, nourrice, que de sang autour de moi ! N'est-ce pas
celui que j'ai répandu ?"
* Le 30, la fièvre ne le quitte plus. Il meurt dans la journée, probablement de tuberculose et de pleurésie. Il était à la veille de son 24e anniversaire.
| Dans la Reine Margot, c'est Jean Hugues Anglade qui joue Charles IX. La scène de son agonie est terrible! |
* N'ayant eu aucun garçon de son mariage avec Elisabeth d'Autriche, c'est son frère, duc d'Alençon qui va monter sur le trône sous le nom d' Henri
III...trône sur lequel il mourra poignardé pendant la grosse commission en 1589...famille un peu de looseurs non?
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La semaine prochaine, nous partirons vers l'Empire Romain et j'aurais du lourd, du très très lourd!
lundi 11 mai 2015
Focus sur...#5. Gilles de Rais "Aucun lien avec Odile"
Aujourd'hui c'est lundi. Et le lundi, soit on fait des visites diplomatiques à Cuba, soit on lit "La petite histoire de l'Histoire".
Comme moi je fume pas de cigare, j'ai le plaisir de vous parler aujourd'hui de l'un des pires personnages de l'Histoire de France et qui reste connu la plupart du temps comme le premier serial killer identifié au monde.
Vous vous rappelez de François
l'Olonnais? Eh bien, le personnage que nous allons étudier est encore plus méchant! Plus effrayant que Dark Vador, plus vicieux que Marc Dutroux, plus sadique que l'écoute du dernier album de Patrick Fiori, je vous présente Gilles de Rais!
La machine a remonter le temps a réuni tout son courage pour vous emmener dans cet épisode 37 : aller, c'est parti!
| Il est pas beau comme ça mon Gilou? |
Mais qui es-tu Gilles?
* Tout commence bien pour le petit Gilles, qui né durant l'année 1405 du côté de la Bretagne et porte le titre de Baron de Retz et moult autres titres de chevalier.
* Après quelques faits d'arme sur les champs de bataille, et malgré la situation précaire du roi de France Charles VII en 1420, Gilles choisi pourtant de rester fidèle à son souverain. En résumé pourtant à ce moment de l'Histoire, la France va mal...on est en plein milieu de la guerre de Cent Ans, et le territoire français est réduit à quelques possessions au sud de la Loire. Les Anglais, après leur victoire à Azincourt, domine la majeur partie de notre beau pays. Pire, le roi fou Charles
VI a désigné le roi d'Angleterre comme son seul héritier au détriment de son fils légitime, Charles VII. Celui-ci est contraint de se réfugier à Bourges parmi ses derniers fidèles, et n'est reconnu Roi de France que par une poignée de seigneurs. Les défaites militaires s'enchainent, le roi n'a toujours pas été sacré à Reims, bref, ça sent quand même le pâté!
* Mais tout change en 1429. Une jeune pucelle se présente au roi au château de Chinon. Gilles de Rais est présent auprès du roi, au côté des autres capitaines. Il assiste ainsi à la rencontre entre Charles VII et Jeanne d'Arc qui promet au souverain de bouter l'anglais hors de France.
* Pas convaincu le Gilles, il accompagne tout de même Jeanne et son armée sur la route d'Orléans, pour lever le siège qui affame la ville.
| Dans le film de Luc Besson, Vincent Cassel prête ses traits à Gilles de Rais |
* Bingo! Jeanne, bravement épaulée par Gilles, contraint les anglais à quitter le siège d'Orléans et à se replier! Ce haut fait d'armes fait de Gilles un héros, au point que Charles VII l'autorise à porter la fleur de lys sur ses armoiries! La route vers Reims est libre, le roi peut se faire sacrer.
* Le jour J, le 17 juillet 1429, Gilles reçoit l'immense privilège d'être le porteur de la Sainte Ampoule, celle qui contient l'huile sacrée dont le roi doit être oint pour respecter la tradition séculaire et faire de lui le seul et unique Roi de France.
* En septembre 1429, il est de nouveau aux côtés de Jeanne d'Arc lors du siège de Paris où la Pucelle reçoit un carreau d'arbalète dans la jambe.
* De retour dans son domaine en 1432, Gilles de Rais, désormais Maréchal de France, va se métamorphoser après le décès de son grand père qui était le seul à parvenir à contrôler ses accès de colère, pour devenir un véritable monstre.
Gilles le bling bling :
* A son retour de guerre, Gilles va mener un train de vie fastueux, bien au dessus de ses moyens. Cela l'oblige à vendre des domaines. Sauf que Gilles, il veut bien vendre et récupérer l'argent, mais considère que les terres demeurent sa propriété. Ainsi, il va par exemple reprendre par les armes un château qu'il avait vendu.
* Voulant reproduire le même schéma, en 1440, il pénètre dans une église de Bretagne, menace le clerc de le tuer si Jean le Ferron, nouveau propriétaire du château, ne lui en ouvre pas les portes immédiatement. Coupable de sacrilège par cet acte, le Duc de Bretagne fait incarcérer Gilles de Rais...et là...les langues se délient.
* Il se trouve que des nombreux enfants ont mystérieusement disparus en 1432 et 1440, toujours autour des domaines où Gilles de Rais résidait...
Le procès et les terribles aveux :
Les ennemis de Gilles de Rais profitent du procès pour sacrilège pour alourdir le dossier d'accusation avec les témoignages sur les enfants disparus.
Le 8 octobre, c'est le début du procès. Le 16 et 17, ses complices avouent tout. Le 20, acculé, Gilles Rais passent à sont tour aux aveux, et cela, sans torture préliminaires, ce qui laisse penser que les faits sont réels.
Il explique être coupable de la disparition des enfants, en grand nombre dit-il "qu'il ne sait plus", certains parlent de 140, d'autres sources évoquent le chiffre de plus de 800! Principalement des garçons, tous entre 8 et 12 ans...
Avec l'aide de ses rabatteurs, Gilles enlevait les enfants et leur faisait subir les pires tortures dans ses différents châteaux.
Vous avez l'estomac bien accroché? Voici ce que révèle les minutes du procès :
* Gilles de Rais avoue ressentir une vive excitation sexuelle à la vue du sang. Aussi, il démembre plusieurs de ses victimes, expose parfois les entrailles à l'air libre tandis qu'ils sont encore en vie, ou encore leur écrase la tête avec des bâtons hérissé de clous.
* Il confesse ensuite avoir commis le pêché de sodomie avec la plupart de ces enfants, parfois quand ils étaient en vie, le plus souvent pendants qu'ils agonisaient mais toujours poursuit-il "quand ils avaient encore un peu de chaleur"
* On franchi encore une étape dans l'horreur. Gilles avait pour habitude de suspendre les enfants à des crochets dans sa chambre.. avant de les descendre, il leur assurait que tout ceci n'était qu'un jeu, afin qu'ils ne pleurent plus. Puis, après leur avoir tranché la gorge, il se masturbait sur les veines du cou ou de la gorge, et sur le sang giclant.
* Gilles de Rais précise encore qu'il éprouvait plus de plaisir à voir les têtes tranchées, les membres coupés, à regarder les enfants agoniser qu'à abuser d'eux sexuellement. D'ailleurs, il aimait plus que tout s'asseoir sur leur ventre pendant que la mort les emportait, et que lui riait aux éclats.
* Puis, une fois tout cela terminé, il conserve les têtes qu'il juge les plus belles, et les expose un temps dans sa chambre, trouvant là un nouvelle source de plaisir. Après ces horreurs, les serviteurs étaient chargés de nettoyer tout le sang, puis de brûler les corps dans une grande cheminée.
Après ces aveux horribles, Gilles de Rais doit renouveler sa confession en public le 22 octobre 1440. Il se présente devant la foule vêtu d'un grand drap rouge, bien loin des atours somptueux du Maréchal de France qu'il était. Il retrace à nouveau son parcours de meurtrier, devant une partie des parents des jeunes disparus, et implore les personnes présentes d'être sévères avec leur enfants, afin dit-il "qu'ils ne deviennent pas comme lui"
L'exécution :
Le 26 octobre, Gilles de Rais est conduit à l'échafaud avec ses deux complices. Il a demandé à être exécuté le premier afin de servir d'exemple. Là, il ose tomber à genoux devant la foule et lance ": "Ô, Dieu, je vous demande pardon. Ne me punissez pas selon mes péchés, mais selon votre indulgence infinie. "Je suis votre frère à tous et je suis chrétien. Je vous demande, même à ceux dont j'ai tué naguère les enfants innocents, de prier pour moi, au nom de la Passion de Notre Seigneur, de me pardonner de bon cœur, comme vous entendez vous-même obtenir le pardon de Dieu." Gonflé le gars...
Le bourreau le pend rapidement, puis le jette dans le bucher quelques secondes, la famille ayant obtenu qu'il ne soit pas brûlé jusqu'aux cendres afin de pouvoir enterrer le corps.
Ses deux complices eux, seront brûlés selon la bonne vieille tradition...
Pour la petite histoire, Gilles de Rais et ses tendances perverses sont à l'origine de la légende de Barbe-Bleue.
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La semaine prochaine, nous aborderons un sujet un peu plus léger (quoique...) avec un nouveau portrait de roi, et j'aurais du lourd, du très très lourd!
lundi 4 mai 2015
Focus sur... #4. Les naufragés de l'île Tromelin : "Seuls au monde"
Aujourd'hui c'est lundi. Et le lundi, soit fait des paris sur le prénom du Royal Baby n°2, soit on lit "La petite histoire de l'Histoire"
Comme moi j'ai tout misé sur "Josette", j'ai le plaisir de vous présenter l'épisode 35 de votre série préférée!
Nous parlerons cette fois d'un évènement assez méconnu, et pour cause : il ne met pas vraiment en valeur la fraternité et l'égalité...
La machine à remonter le temps a fait des provisions en cas de naufrage, c'est parti!
Tout commence par un naufrage dans la nuit du 31 juillet au 1er août 1761, au large de l'île des Sables, à environ 450km à l'est de Madagascar et 535km au nord de la Réunion.
Cette nuit là, à la suite d'une erreur de navigation, une frégate française, l' "Utile", se fracasse sur les récifs coralliens de l'île. Sur ce bateau on compte 142 hommes d'équipage et surtout 160 malgaches, hommes, femmes et enfants, qui devaient être conduits sur l'île Maurice en esclavage.
L'équipage dans son intégralité et environ 60 esclaves parviennent à gagner le rivage...les autres esclaves périssent noyés dans la cale du bateau où ils étaient enfermés...
Pas de bol pour tout le monde, l'île des Sables n'est pas vraiment le paradis du naufragés. On est loin de l'île paradisiaque de Robinson ou de Koh Lanta. Ici, l'île ne mesure que 1700m de longueur, sur 700 maximum de largeur. Pas d'arbres, que des herbes et des broussailles. Très peu d'animaux. Le point culminant est à 7m. Il pleut de janvier à mars, et il y a fréquemment des cyclones très violents en saison chaude. Mmmm ça donne envie hein?
Dans un premier temps, tout le monde s'organise plutôt pas mal. Les naufragés récupèrent tout ce qu'ils peuvent de l'épave du bateau : bois, outils, quelques vivres... Ils parviennent à creuser un puits pour obtenir de l'eau à peine potable.
Le capitaine a perdu la raison suite au naufrage, il est donc remplacé par son premier lieutenant qui organise la construction de deux campements : l'un pour l'équipage, l'autre pour les esclaves. Oui parce que faut pas exagéré quand même, on va pas se mélanger...
Avec les restes de l'épave, le premier lieutenant Castellan fait également construire une embarcation sommaire qui sera terminée en 2 mois. Lui et les 122 membres d'équipages encore vivants s'entassent dessus et prennent la mer, abandonnant les esclaves sur l'île sans oublier bien entendu de leur promettre de revenir rapidement les chercher...
Tout ce petit monde parvient à gagner l'île Maurice en 4 jours seulement. Seulement le gouverneur local refuse de fournir un bateau au lieutenant Castellan pour retourner chercher les esclaves, malgré plusieurs demande de sa part.
Durant le transfert des rescapés à la Réunion, le capitaine décède et le lieutenant Castellan décide de rentrer en France fin août 1762.
La nouvelle de l'abandon des esclaves arrive à Paris et agite pendant quelques mois les milieux intellectuels. Puis, tout le monde oublie ces pauvres malgaches car la Guerre de 7 ans prend fin et la Compagnie des Indes a fait faillite.
Pourtant, en 1773, un navire qui passe à proximité de l'île des Sables repère les naufragés et les signale aux autorités de l'île Maurice. Cette fois, un bateau est envoyé sur place, mais le sauvetage échoue à cause de mauvaises conditions météo.
Un an plus tard, en 1774, un second navire arrive sur place mais ne peut pas non plus s'approcher du rivage. L'équipage parvient tout de même à mettre à la mer une chaloupe avec un marin qui rejoint l'île et les esclaves. Pas de bol, le navire ne pouvant vraiment pas accoster, le marin est à son tour abandonné et laissé avec les esclaves.
Ce marin, décidé à ne pas pourrir sur place, fabrique une nouvelle embarcation et prend la mer avec les 3 derniers hommes malgaches encore en vie et 3 femmes. Le radeau n'atteindra jamais aucune terre et disparait en mer en 1775.
Le sauvetage :
Ce n'est finalement que le 29 novembre 1776, soit 15 ans après le naufrage, que le chevalier de Tromelin accoste sur l'île qui ne porte pas encore son nom et récupère les derniers survivants. Il découvre alors 7 femmes et un bébé de huit mois.
Ils sont vêtus d'habits en plumes tressés, et ont réussi l'exploit de maintenir un feu allumé pendant 15 ans malgré l'absence de bois sur l'île!
Tout ce petit monde est rapatrié sur l'île Maurice, où le gouverneur décide de nommer le bébé Jacques-Moïse (très facile à porter!). La mère de l'enfant, elle, dont le nom malgache est Semiavou, est débaptisée pour être appelée Eve. La grand mère du bébé est appelée Dauphine par le Gouverneur, en l'honneur du nom du bateau ayant recueilli les naufragés. Les deux femmes et l'enfant décident de rester sur l'île Maurice dans la maison du Gouverneur.
Les autres rescapés refusent également de repartir à Madagascar (ils ne veulent pas reprendre le bateau??? bizarre!) et restent à demeure sur l'île Maurice.
Le chevalier de Tromelin, quand à lui, sera le premier à décrire parfaitement l'île des Sables, et fini par lui donner son nom.
Aujourd'hui :
L'île Tromelin fait actuellement parti des Terres Australes et Antarctiques Françaises, mais est revendiqué par l'île Maurice.
Sur l'île, on trouve un phare, une piste d'atterrissage et une station météo.
4 expéditions archéologiques ont été menées depuis 2006 : "Opération Esclaves Oubliés", afin de mieux comprendre comment ce groupe de pauvres gens a pu survivre durant 15 ans.
Les fouilles ont permis de comprendre que les naufragés avait notamment consommé des tortues, du poisson, des oiseaux, causant de véritables dommages à la faune de l'île. Les chercheurs trouvent aussi trois bâtiments construits avec des blocs de corail et dont l’épaisseur des murs dépassaient un mètre, pour se protéger d'un soleil dardant.
Le feu est maintenu pendant 15 ans grâce au bois de l'épave de la frégate. Sont retrouvés également six gamelles en cuivres réparées à de nombreuses reprises et un galet servant à affuter les couteaux.
La quatrième expédition a lieu en septembre/octobre 2013. D'une durée de 45 jours, elle a permis de relever de nombreux outils, des foyers et de comprendre l'aménagement du lieu, réalisé en quatre phases d'habitation.
Si vous avez apprécié cette chronique sur un naufrage pas ordinaire : aimez, commentez, partagez!
La semaine prochaine, retour au Moyen-Age. Je vous parlerais du premier tueur en série de l'Histoire, et j'aurais du lourd, du très très lourd!
lundi 27 avril 2015
Série du Printemps. Les Pirates #6 : Barbe Noire "Une tête bien faite"
Aujourd'hui c'est lundi. Et le lundi soit on cherche le soleil du printemps, soit on lit "La petite histoire de l'Histoire"
Comme moi je vis dans la 16e ville la plus ensoleillée de France mais où il pleut en fait comme partout ailleurs, j'ai le plaisir de vous parler aujourd'hui de celui qui est surement aujourd'hui le pirate le plus connu de tous : Barbe-Noire
Beaucoup moins cruel que
François
l'Olonnais, ayant fait moins de capture que Olivier
Levasseur, moins malin que Henry
Morgan qui a su se retirer avant d'être pourchassé, ayant cumulé un trésor 5 fois moins important que Bartholemew
Robert, nous allons voir qu'il est entré dans la légende surtout au moment de sa mort.
C'est le dernier épisode de la série, alors branle-bas-le combat et pas de quartier! C'est parti!
Mais qui es-tu Barbe Noire?
- Bon déjà on se doute que ce n'est pas son nom de baptême, ou alors il aurait eu des parents vraiment cons! Bref...Comme beaucoup de pirate, il a choisi un nom d'emprunt pour se lancer dans son métier, afin de ne pas faire courir de risque à sa famille. Du coup, on ne sait pas vraiment comment il s'appelait ni quand et où il est né. Beaucoup s'accordent pour dire que son vrai nom était Edward Teach, né à Bristol en 1680, mais des documents découverts en 2009 tendent à prouver qu'en réalité il serait né à Beaufort en Caroline du Nord en 1690 sous le nom d'Edward Beard (barbe en anglais)
- Quoiqu'il en soit, il débute dans comme corsaire pendant la guerre de Succession d'Espagne, au service de la reine Anne
d'Angleterre de 1703 à 1713.
- Il participe à de nombreux assaut contre des navires français mais malgré son courage et sa témérité, n'obtient aucun avancement.
- Edward, il a sens des réalités. Alors il se dit que pour gagner un peu mieux sa vie, il va faire exactement ce qu'il sait faire, mais de manière illégale. Il devient pirate en 1716 sous les ordres du capitaine Hornigold qui lui confie un sloop (et non pas un slip)
- En novembre 1717, Edward aborde un énorme navire français de 40 canons et en reçoit par la suite le commandement. Il le nomme le "Queen Anne's Revenge" en hommage à la reine Anne
d'Angleterre
- A partir de là, et sachant visiblement que l'apparence peut être un facteur de peur bien plus important que la puissance véritable, Edward devient Barbe-Noire. Il est décrit par tous ceux qui l'ont croisé comme un homme de grande stature, large d'épaule, à la pilosité très importante. Un témoin écrit : "Cette barbe était noire, et il l'avait laissée pousser jusqu'à une longueur extravagante ; quant à l'ampleur, elle remontait jusqu'aux yeux"
- Côté look, il assure : il porte des bottes qui remontent jusqu'aux genoux, des vêtements sombres, un large chapeau et un long manteau de couleur vive. Il a pour habitude de porter sur lui six pistolets tenu par une bandoulière sur ses épaules. Avant le combat, il met des mèches de canons dans sa barbe et ses cheveux, et les allume pour paraitre encore plus effrayant!
- En 1718, il se sépare de son capitaine et prend son indépendance. Avec 300 hommes, il va capturer plus de 40 navires en quelques mois!
| Le pavillon de Barbe Noire |
- Seulement voilà...il fait le coup de trop en mai 1718, en bloquant le port de Charleston et en rançonnant tous les navires qui se présentent. Le gouverneur de Caroline du Nord, Alexander Spotswood lance alors une chasse à l'homme avec récompense à qui tuera Barbe Noire!
La fin de Barbe-Noire :
- En novembre 1718, Barbe Noire a fait halte dans la baie d'Ocracoke avec une vingtaine d'hommes. Occupé à distraire ses invité, il n'a pas placé de vigie pour surveiller l'entrée de la baie.
- Le lieutenant Maynard, envoyé par le gouverneur et qui commande le Pearl, localise Barbe-Noire et bloque la baie pour ne pas que le pirate puisse s'échapper.
- Le lendemain matin, le 22 novembre 1718, le combat s'engage. Le bateau de Barbe Noire fait feu et la bordée tue un grand nombre de marins du côté anglais. Meynard et le reste de ses hommes se cachent alors dans la cale du navire.Barbe Noire pense que l'équipage a été décimé et lance l'abordage
- Alors que la fumée des canons se dissipent, Maynard et ses hommes sortent de la cale en criant et en hurlant : le combat commence!
- Teach et Maynard se retrouvent face à face. Chacun étant armé d'un sabre et d'un pistolet. Ils se livrent à un duel au pistolet. Teach est touché. Les deux hommes s'affrontent ensuite au sabre, celui du Lieutenant se brise sous les assauts de son terrible adversaire. Teach se rue sur lui pour lui porter le coup fatal, lorsqu'un matelot lui assène un coup de poignard à la nuque. Surmontant sa douleur, le sang l'inondant partout, Barbe-Noire continue à combattre courageusement en dépit de ses multiples blessures quand un autre matelot se mêle au combat et l'assaille de coups de couteaux. Hurlant et fou de rage, Barbe-Noire se bat de toutes ses forces. Les autres matelots tirent sur lui, cherchant à l'achever et enfin, Maynard le touche mortellement d'un coup de pistolet. Le pirate s'écroule lourdement... Dans un ultime effort, Barbe-Noire sors son dernier des six pistolets qu'il porte à sa poitrine et s'apprête à tirer mais il n'y parvient pas, il sombre, sans vie.
- On relèvera 25 blessures par arme blanche et 5 par balles sur le corps de Barbe-Noire! le Lieutenant Maynard tranche la tête de Barbe-Noire et l'expose sur son mat afin de prouver au Gouverneur qu'il a tué le célèbre pirate, et toucher la récompense promise
- Pour la petite histoire, Maynard ne touchera en réalité jamais les 400 livres promis pour la mort de Barbe-Noire. En effet, le Gouverneur va se servir de témoignage indiquant que l'équipage du Lieutenant a volé 90 livres dans le trésor de Barbe-Noire pour ne jamais lui verser la récompense! Maynard ne sera également jamais promu malgré sa bravoure et finira oublié de tous...
- L'épave du "Queen Anne's Revenge" a été retrouvée en 2007 et 15 000 objets sont conservés dans différents musée de Caroline du Nord. Vous pouvez aussi visiter le château de Barbe-Noire dans le Iles Vierges au large des Etats Unis
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La semaine prochaine, nous resterons toutefois en mer pour vivre une histoire incroyable mais vraie et j'aurais du lourd, du très très lourd!
lundi 20 avril 2015
Série du Printemps. Les Pirates #5 : Henry Morgan : "Malin le requin!"
Aujourd'hui c'est lundi. Et le lundi, soit on se dit qu'on a bien fait de bombarder la Lybie pour laisser la place aux passeurs d'immigrés trafiquants d'humains et aux terroristes, soit on lit "La petite histoire de l'Histoire"
Comme moi aussi je voudrais fuir l'Ardèche pour un monde meilleur, j'ai le plaisir de vous parler aujourd'hui de Henry Morgan. Ce pirate a bien mené sa barque si j'ose dire, et à eu un destin bien différent de ceux que nous avons déjà vu dans les épisodes précédents.
La machine à remonter le temps a chargé les canons et hissé Jolly Roger : Aller, c'est parti!
Comme moi aussi je voudrais fuir l'Ardèche pour un monde meilleur, j'ai le plaisir de vous parler aujourd'hui de Henry Morgan. Ce pirate a bien mené sa barque si j'ose dire, et à eu un destin bien différent de ceux que nous avons déjà vu dans les épisodes précédents.
La machine à remonter le temps a chargé les canons et hissé Jolly Roger : Aller, c'est parti!
Mais qui es-tu Henry?
- Fils d'un châtelain du sud du Pays de Galles, il est né le 24 janvier 1635
- Son enfance et son arrivée dans le monde de la piraterie est à ce jour ne sont pas connues à 100%. En gros, 2 versions :
- La 1ere : il est kidnappé enfant et emmené à la Barbade comme esclave avant de parvenir à rejoindre la Jamaïque. Là, il fait parti d'un équipage pirate qui attaque des navires et possessions espagnoles. Lorsque le capitaine est tué, l'équipage le choisi pour être leur nouveau chef en 1666, après la capture de New Providence dans les Bahamas. Cette version tient surement plus de la légende que de la vérité.
- La 2e est moins romantique... Il s'engage comme moussaillon très jeune en Angleterre. Arrivé à la Barbade, il aurait déserté puis erré d'île en île, sans le sous...Il aurait été vagabond, brigand, mendiant. Bref, de quoi être recherché par les autorités locales. Pour échapper au gibet, il rejoint la Jamaïque où il commence à fréquenter les pirates. Très habile au jeu, il commence à gagner pas mal d'argent, il s'achète un petit bateau et commence son métier de pirate.
- Pirate atypique, il est très mauvais capitaine de navigation...il connait en effet de nombreux naufrages et considère plutôt les bateaux comme un moyen de transport pour ses expéditions.
- Son premier coup d'éclat, il le réalise en 1668 où il attaque les côtes cubaines. Il ne fait pas une grosse prise, mais obtient une rançon de 500 bœufs! Il les fait tous abattre immédiatement pour préparer sa 2e expédition
| Son pavillon |
- Il part direction le sud et pille Maracaibo en 1669, mais là aussi, il est très déçu par le montant du trésor récolté. En effet, la ville ne s'est pas encore tout à fait remise du passage de François
l'Olonnais 3 ans auparavant. Lorsqu'il veut partir de la ville, mauvaise surprise ! 3 navires espagnols en bloquent la baie pour le capturer, reliés entre eux par des chaines pour éviter tout risque de fuite. Mais Henry a plus d'un tour dans son sac! Lui et ses capitaines font semblant d'attaquer. Ils vont droit sur les navires de guerre comme s'ils voulaient monter à l'abordage. Les officiers espagnols concluent que les flibustiers veulent se battre au sabre et, en gentilshommes, acceptent le défi. Sans tirer un seul coup de canon, ils attendent les flibustiers... mais le premier navire qui les aborde est un brûlot. C'est à dire un navire chargé de goudron, de barils de poudre en plus de mannequins pour faire croire à un équipage nombreux. Les quelques flibustiers qui le manoeuvre allument la poudre et sautent par-dessus bord. Les espagnols aussi, et dans l'explosion qui suit leur navire amiral s'enflamme. Le second navire est capturé par les flibustiers. Le troisième va s'échouer sur la plage pour que l'équipage puisse courir se cacher à terre.
- Malgré ce coup d'éclat, Morgan ne peut encore passer car les espagnols survivants se sont réfugié dans le fort qui bloque la sortie de la baie. Là encore, Henry va les avoir au bluff! Il fait mine de lancer un assaut terrestre et les espagnols déplacent tous leurs canons qui étaient pointés vers la mer pour les diriger vers la plage où ils pensent que Morgan va attaquer...Peine perdue! Profitant de la diversion, lui et ses hommes sont en train de partir tranquillement par la mer!
- En 1671, Henry réalise le plus grand exploit de sa carrière : il s'empare avec ses hommes de la ville de Panama, raflant un immense trésor au passage (environ 100 000 livres sterling)! Ce raid est marqué par une bataille rangée aux portes de la ville et suivi de brutalités et débauches parmi les plus grandes de l'histoire de la flibuste. Henry et ses 1800 hommes repartent sur leurs bateaux et se donnent RDV dans leur repaire habituel...Henry a réussi à convaincre ses autres capitaines de mettre tout le butin sur son navire avant le départ...Evidemment, il s'enfuit avec et ne rejoint pas du tout ses complices!
- Mais une fois en Jamaïque, c'est le drame... Pas de bol pour lui, entre temps, l'Angleterre et l'Espagne ont signé un traité de paix. Il est donc arrêté et envoyé en Angleterre pour y être jugé. L'attaque contre Panama a été très mal vécue par les espagnols et les anglais doivent donc faire un exemple pour leurs nouveaux alliés...Il va prendre cher le Henry!
Et ensuite?
- Il d'abord emprisonné en 1672
- Henry est surement né sous une bonne étoile car en 1674, l'Espagne et l'Angleterre sont de nouveaux en guerre! Habile parleur et intelligent, Morgan parvient non seulement à être libéré (délivré) mais aussi carrément à se faire armé chevalier par le roi Charles II lui même! Anobli, il devient aux yeux du peuple un véritable héros.
- Décidément très fort, il est même nommé Gouverneur de la Jamaïque en 1684 et retourne vivre sur place, avec les honneurs et la richesse! Comble de l'ironie, il est chargé par le roi de chasser les pirates et flibustiers de l'île!
- Il achève ses jours paisiblement en Jamaïque, fréquentant assidûment les tavernes. Appelé pour constater son décès, le médecin conclut qu'il est mort « d'avoir trop vécu » en 1688 à 53 ans, âge canonique dans la profession de pirate!
- Aujourd'hui, Henry Morgan a été immortalisé comme une marque de rhume "Captain Morgan" et est au centre de l'album de métal-pirate du groupe écossais Alestorm "Captain Morgan's Revenge"
Si vous avez aimé cette chronique sur un pirate qui a su sortir du lot et profiter de son époque : aimez, commentez, partagez!
La semaine prochaine, dernier épisode de la série du printemps! Mais ne vous en faîtes pas, pour cet ultime voyage en compagnie des pirates, nous parlerons du plus célèbre d'entre eux, et bien sûr, j'aurais du lourd, du très très lourd!
lundi 13 avril 2015
Série du Printemps. Les Pirates #4. François l'Olonnais : "Mais pourquoi est-il si méchant?"
Aujourd'hui c'est lundi. Et le lundi, soit on va serrer des paluches à Cuba, soit on lit "La petite histoire de l'Histoire"
Comme moi je serre déjà assez de main la semaine, j'ai le plaisir de vous parler d'un pirate français dont le seul nom fit trembler les plus endurcis : François l'Olonnais, considéré comme le plus cruel et le plus féroce pirate de tous les temps!
| Déjà sur la gravure, il respire pas la sympathie |
Attention, couchez les enfants, ne mangez pas avant de lire cette chronique, car François c'est pas un tendre...
La machine à remonter le temps n'a même pas peur, alors parez à virer et pas de quartier! C'est parti!
Mais qui es-tu François?
- Il est né aux Sables d'Olonne (d'où son surnom) vers 1630.
- Il arrive très tôt dans les Caraïbes, mais il est d'abord mis en esclavage pendant 3 ans.
- Pendant cette période, il apprend à connaître les dangers de la forêt, mais aussi la crainte d'être capturé et brûlé vif par les Espagnols alors maîtres du continent Américain et de ses richesses. De cette peur va naître une haine féroce pour nos amis ibériques.
- Le jeune François décide après ces 3 ans d'esclavage de devenir flibustier. Il fait rapidement preuve d'un grand courage, qui le font élire capitaine du navire lorsque le précédent meurt au combat.
- Il fait plusieurs prises importantes, mais perd son navire dans une violente tempête. Pas de soucis, le gouverneur français de l'île de la Tortue lui permet d'armer une nouvelle flotte.
- Sa réputation de cruauté envers ses prisonniers est déjà si grande, que tout ses adversaire combattent jusqu'à la mort plutôt que d'être capturés vivants...
- François a en effet pour habitude de tailler en pièce et d'arracher la langue de ses prisonniers. Il ouvre aussi un jour la poitrine d'un espagnol à coup de sabre et lui arrache le cœur encore palpitant. Une autre fois, capturant un navire sur lequel se trouvait un bourreau espagnol chargé de le pendre en cas de capture, François est pris d'une colère noire. Il se place sur le pont du navire et demande aux marins espagnol de monter un à un l'escalier depuis la cale. A mesure qu'ils arrivent en haut, l'Olonnais leur tranche la tête avec son sabre, jusqu'au dernier. Un jour où il avait particulièrement soif de sang, il ordonne de disposer sur un rang quatre-vingt-sept prisonniers, pieds et poings liés. Puis il se promène le long de la file, tenant un pierre à aiguiser d'une main, et un long sabre de l'autre, et coupe quatre-vingt-sept têtes.
- Puis il fini par faire naufrage sur la côte mexicaine. Les espagnols ne veulent pas manquer cette occasion! Ils tombent sur l'équipage et massacrent tout le monde, espérant tuer François l'Olonnais. Mais pas bête le François, il s'est barbouillé de sang et s'est caché sous les cadavres de ses compagnons! Echappant ainsi à la mort, il vole un uniforme espagnol après le départ des soldats, regagne la ville et persuade quelques esclaves de le suivre. Ils volent ensemble une barque et gagnent à la rame l'Ile de la Tortue tandis que les espagnols fêtent la mort de leur ennemi qu'ils pensent avoir éliminé!
- Une fois de plus, le gouverneur lui finance une nouvelle flotte. Il devait être super convaincant quand même car n'oublions pas qu'il en est à son 1e naufrage le gars...
- En 1666, il réussi le plus bel exploit de sa carrière. Avec 8 voiliers et 650 hommes, il s'empare de la ville de Maracaïbo (aujourd'hui au Venezuela), pillant un immense trésor! François va rester là avec ses hommes durant 6 semaines, semant la terreur dans la ville avant qu'une épidémie ne décime son équipage. Il quitte alors Maracaïbo sans oublier de mettre le feu à la ville avant de partir...
- François commence alors à se la raconter et envisage maintenant de piller un pays tout entier : le Nicaragua. Mais malgré plusieurs tentatives, il ne parviendra pas à ses fins, la chance semblant l'avoir quitté! Il est alors abandonné par une grande partie de ses hommes et n'en garde que 300 auprès de lui.
La fin de l'aventure :
Devinez quoi? En 1669, il échoue (encore) son bateau sur un banc de sable dans le golfe du Honduras. Malgré tous les efforts de l'équipage, ils ne parviennent pas à remettre le navire à flot.
Pendant 6 mois, l'Olonnais et les 150 hommes survivants doivent faire face aux attaques incessantes des indiens. Il décide alors de partir avec son équipage sur une barque à fond plat. Sans cesse repoussé par les espagnols, il ne parvient pas à trouver de refuge sûr.
Puis, un matin, François l'Olonnais met pied à terre au Panama pour trouver de l'eau potable. Là, il est fait prisonnier par des indiens Bravos qui d'après les témoignages : "le hachèrent par quartier alors qu'il était encore vivant, le firent rôtir, puis le mangèrent".
Si cette chronique sur un pirate qu'on aurait tous envie d'avoir comme pote vous a plu : aimez, commentez, partagez!
La semaine prochaine, nous parlerons d'un pirate plus malin que les autres, et j'aurais du lourd, du très très lourd!
lundi 6 avril 2015
Série du Printemps. Les Pirates #3 Bartholomew Roberts : "Oh le boulet!"
Aujourd'hui c'est lundi. Et le lundi, soit on mange tout le chocolat qu'on a trouvé dans le jardin, soit on lit "La petite histoire de l'Histoire"
Comme moi question cloches j'ai toute les tailles à la maison, de la plus petite à la plus grande, j'ai le plaisir de vous parler aujourd'hui du pirate qui a capturé le plus de navires : Bartholomew Roberts.
Surnommé le "Baronnet Noir", il a à son actif plus de 400 bateaux capturés ou coulés. Rien de moins! Il réalise même un jour l'exploit de capturer 22 navires en une seule fois! Et tout ça en 2 ans de carrière! Qui dit mieux?
La machine à remonter le temps a hissé le pavillon noir : alors établissez huniers et cacatois, c'est parti!
Comme moi question cloches j'ai toute les tailles à la maison, de la plus petite à la plus grande, j'ai le plaisir de vous parler aujourd'hui du pirate qui a capturé le plus de navires : Bartholomew Roberts.
Surnommé le "Baronnet Noir", il a à son actif plus de 400 bateaux capturés ou coulés. Rien de moins! Il réalise même un jour l'exploit de capturer 22 navires en une seule fois! Et tout ça en 2 ans de carrière! Qui dit mieux?
La machine à remonter le temps a hissé le pavillon noir : alors établissez huniers et cacatois, c'est parti!
Mais qui es-tu Bartholomew?
- On pense qu'il est né vers 1682, mais personne n'entend vraiment parler de lui jusqu'en 1719.
- A cette date, il embarque comme second d'un sloop, une petite frégate, à la Barbade. Décrit alors comme grand et noir, il seconde le capitaine Davis dans le cadre de sa petite activité de transport...d'esclaves
- Seulement 6 semaines après le début de son embauche, le navire sur lequel il navigue est pris en embuscade par le Gouverneur de l'Ile du Prince. Durant la bataille, le capitaine Davis est tué.
- Pas de problème pour Bartholomew, qui a largement eu le temps de prouver son courage et sa bravoure au combat : il est largement élu capitaine. Nouveau look pour une nouvelle vie : il fait de son sloop un navire pirate!
- Il se dirige alors vers le Brésil et capture au passage un navire hollandais et en coule un autre britannique.
- En 1720, il croise la route d'un convoi de 42 navires marchands portugais escortés par 2 bateaux de guerres équipés de 70 canons chacun. Même pas peur : Bartholomew leur met une branlée grâce à son génie tactique. Il capture notamment un navire contenant plus de 30 000 livres sterling!
- Sauf que...pendant que notre pirate du jour inspecte l'un de ses autres bateaux, l'un de ses lieutenant, un irlandais du nom de Walter Kennedy se proclame capitaine du navire chargé d'or et s'enfuit avec... Loooooooooooseur! J'imagine très bien Kennedy faisant des gros "Fuck" à Bartholomew en s'éloignant...
- Poursuivi par la flotte anglaise, Bartholomew ne peut pas le poursuivre et doit s'enfuir à son tour. Il a par la suite refusé d'embaucher un autre irlandais jusqu'à la fin de sa vie.
- En 1720 toujours, il ne cesse de détruire ou capturer des centaines de navires au nez et à la barbe des autorités.
| Le pavillon de Bartholomew Roberts : "A Barbadian Head / A Martinican Head" |
- Installé incognito à Sainte Lucie du côté de la Martinique, il décime les navires français. Les prisonniers sont torturés férocement, d'autres sont tués. Ca sera le cas du Gouverneur de la Martinique, que Bartholomew capture et pend.
- En janvier 1721, il quitte la côte atlantique devenue trop dangereuse pour sa vie de pirate, et traverse l'océan pour aller tenter sa chance vers les côtes africaines.
- Durant la traversée, l'un de ses principaux navires, le "Good Fortune" est volé par l'un de ses capitaines : Thomas Anstis... Ca commence à devenir une habitude!
- Il arrive en Afrique en juin 1721 et capture 4 navires. Il n'en garde qu'un seul et se dirige vers le Libéria.
- Le 11 juin 1721, il rôde vers la Côte d'Ivoire et capture onze navires transportant des esclaves. Il demande une rançon de 8 livres de poudre d'or pour chacun des navires. L'un des capitaine refuse de payer : Bartholomew coule alors le navire et tout le monde avec (esclaves compris...)
- Il capture ensuite un navire de guerre français armé de 32 canons. Devenant une véritable menace, les britanniques lancent une chasse à l'homme pour le supprimer.
Clap de fin pour Bartholomew
- En février 1722, près du Gabon, le navire britannique "L'Hirondelle", attaque la flotte de Bartholomew. Plusieurs versions sur ce qu'il s'est passé alors, mais pour une raison que l'on ignore, il lance son bateau droit vers "L'Hirondelle". Manœuvre désespérée pour tenter la fuite ou erreur de jugement? Personne ne le saura jamais
- Quoiqu'il en soit, une fois à portée de canon, les anglais font feu. Une seule salve suffit...Bartholomew est touché par un boulet chaîné qui lui brise le cou.
- Avant que les anglais n'abordent le navire pirate, ses hommes respectent le serment qu'ils lui avait fait et jette son corps à la mer comme il l'avait toujours demandé en cas de mort durant le combat.
- Les membres d'équipages sont jugés rapidement : 74 sont acquittés, 70 pirates noirs retournent à l'esclavage, 54 sont pendus et 37 condamnés à des peines légères.
Un pirate pas comme les autres mais qui s'appelle pas Ziggy :
Outre sa formidable (mais courte) carrière, Bartholomew Roberts a forgé sa légende par sa personnalité qui sortait de l'ordinaire. En effet :
- Il était toujours bien habillé
- Il avait d'excellentes manières (sauf quand il torturait les gens bien sûr...)
- Il ne violait que les femmes de plus de 15 ans (Gentleman le gars)
- Il ne buvait pas d'alcool
- Il avait une très belle écriture
- Il était toujours rasé de près
- Il adorait la musique et avait toujours des musiciens sur son navire
De plus, c'est également lui qui a rédigé et rendu célèbre le fameux code pirate.
Si vous avez aimé cette chronique sur un pirate pas ordinaire, aimez, commentez, partagez!
La semaine prochaine, notre série du printemps continue avec cette fois un pirate français. Oui madame! Et j'aurais du lourd, du très très lourd!
lundi 30 mars 2015
Série du Printemps "Les Pirates" #2 : Anne Bonny et Mary Read : "Thelma et Louise des océans"
Aujourd'hui c'est lundi, et le lundi, soit on demande le dossier médical du pilote avant de prendre l'avion, soit on lit "La petite histoire de l'Histoire"
Comme en Ardèche y'a pas d'aéroport, j'ai le plaisir de vous parler aujourd'hui d'un duo qui fit frémir les plus braves sur les mers : Anne Bonny et Mary Read.
Eh oui, on croit souvent que la piraterie est un monde d'hommes cruel, brutaux, sauvages et violents. Mary et Anne ont pourtant prouvé au 18e siècle qu'une femme pouvait aussi être une pirate redoutée, cruelle, brutale, sauvage et violente!
La machine à remonter le temps est prête prendre la mer, alors souquez les artebuses et hissez les voiles : c'est parti!
Comme en Ardèche y'a pas d'aéroport, j'ai le plaisir de vous parler aujourd'hui d'un duo qui fit frémir les plus braves sur les mers : Anne Bonny et Mary Read.
Eh oui, on croit souvent que la piraterie est un monde d'hommes cruel, brutaux, sauvages et violents. Mary et Anne ont pourtant prouvé au 18e siècle qu'une femme pouvait aussi être une pirate redoutée, cruelle, brutale, sauvage et violente!
La machine à remonter le temps est prête prendre la mer, alors souquez les artebuses et hissez les voiles : c'est parti!
Le parcours d'Anne Bonny :
- On ne sait pas exactement quand elle est née, disons entre 1697 et 1705. Ce qui est certain, c'est qu'elle voit le jour en Irlande. Son père est procureur, marié mais il a fait des vilaines choses avec sa domestique...Ouuuuhhh pas bien ça! Du coup, il est obligé de quitter l'Irlande avec la petite Anne sous le bras et d'emménager à Charleston dans les colonies vers 1710.
- A 13 ans, Anne est décrite comme plutôt jolie mais à l'aspect un poil négligée : cheveux roux coupé courts, visage crasseux et vêtements en bataille. Et puis la petite a son caractère...On raconte qu'à 13 ans, elle n'hésite pas à poignarder un domestique qui l'avait contrarié...Je pense que son père a du la gronder très fort : "C'est pas bien Anne! Interdit de poignarder des domestiques pendant 6 mois! De quoi? Oui, même s'il est noir"
- A 18 ans, Anne fréquente les tavernes et les hommes qui s'y trouvent. Elle aurait notamment un jour déshabillé publiquement son maître d'arme avec son épée, bouton par bouton. C'est surement lors de l'une de ces soirées qu'elle fait la connaissance d'un pirate de piètre envergure : James Bonny. Elle l'épouse et les amants ne tardent pas à fuir Charleston pour s'installer dans le paradis pirate de l'époque : les Bahamas!
- Anne elle est sympa mais faut pas lui souffler dans l'oreille...Un jour un pirate l'empêche de passer. Pas de problème : Anne sort son pistolet et lui tire dessus, lui arrachant la seule oreille qui lui restait
- Sur place, James Bonny devient l'informateur du Gouverneur et balance quelques amis pirates qui finissent pendus...Anne, déçue, quitte son amoureux rapidement et croise la route d'un autre pirate : Pierre. Outre son activité de flibuste, celui-ci tient un salon de coiffure et de tailleur...comme quoi on peut être pirate ET élégant.
- Anne et Pierre, les deux compères qui font la paire repèrent pépère un navire marchand français qui croise au large de New Providence où ils résident désormais. Sauf qu'ils ne sont que 2...ce qui est bien mais pas top pour aborder tout un équipage! Il va falloir se montrer malins! Anne et Pierre volent alors un vieux bateau, le Revenge, dans le port de New Providence. Ils le retapent pour qu'il puisse naviguer, et installent dessus les mannequins dont Pierre se sert au magasin. Ensuite, ils recouvrent le bateau et les mannequins de sang de tortue. A la nuit tombée, ils lancent le bateau vers le navire français. Anne se tient à la proue, elle aussi recouverte de sang de tortue, et telle une guerrière fantôme brandie une hache. Les français, effrayés par cette vision démoniaque, abandonnent le navire sans combattre! Maline la rouquine!
- Ensuite, Anne fait la rencontre de Calico Jack Rackam (oui, c'est lui qui a inspiré le personnage de Rackam le Rouge à Hergé, Calico étant un surnom donné à Jack car il s'habillait toujours en rouge). Tout comme elle, Jack refuse la grâce offerte par le Gouverneur à tous les pirates repentis. Tous deux fuient New Providence. Anne embarque avec Jack en se déguisant en homme et en se faisant appeler Adam Bonny au sein de l'équipage de son nouvel amant.
- Anne tuera ensuite chaque homme qui découvrira son véritable sexe. Au cours d'une escale, Anne fait la connaissance de celle qui va bouleverser sa vie : Mary Read!
Mary? Mais c'est qui encore elle?
- Mary, c'est une nana, une vraie, du genre à qui on brise pas les ovaires. Elle est née vers 1690 en Angleterre. Sa mère est veuve d'un capitaine de marine disparu en mer. Son beau père, pour l'aider, lui verse une pension destinée surtout à l'éducation de Willy, le frère aîné de Mary. Sauf que le frérot meurt subitement, et assez jeune...Pour continuer à percevoir l'aide financière, la mère de Mary commence à l'habiller en garçon. La première fraude sociale de l'Histoire quoi.
- Mary, que le travestissement a du perturber, continue de vivre comme un homme et s'engage même dans l'armée anglaise où elle combat en Flandres contres les armées de Louis XIV pendant la guerre de Succession d'Espagne.
- Elle tombe amoureuse d'un officier, à qui elle doit donc forcément révéler son secret. Contraints de quitter l'armée, ils ouvrent une auberge aux Pays-Bas. Mais l'officier meurt seulement 4 ans plus tard. Mary renfile son costume d'homme et se fait engager sur un bateau marchand sous le nom de Willy Read.
- Le navire marchand se fait capturer par des pirates et Mary se dit que finalement, c'est une carrière qui pourrait l'intéresser. Elle se fait engager par l'équipage, toujours grimée en homme, et arrive dans les Bahamas, à New Providence. Là, elle rencontre Anne Bonny et Jack Rackam, qui l'embauche à son tour dans son équipage, persuadé d'avoir affaire à un homme nommé Mark Read. On raconte que chaque fois qu'elle tue un pirate ou un marin, Mary se dénude pour lui dévoiler sa féminité et lui prouver qu'une femme peut se battre.
Le trio infernal :
- Une solide amitié se noue d'abord entre Anne et Mary, se transformant petit à petit en histoire d'amour. Jack devient très jaloux, notamment parce qu'il ignore toujours que Mary est une femme! Jack fini même par menacer Mark (Mary donc!) de l'égorger. Et puis un soir...ils découvre les deux femmes en plein ébat, et là, il est bien obligé de voir qu'il s'était bien trompé!
- Mary cesse alors de se faire appeler Mark, et les deux femmes deviennent inséparables, s'habillant indifféremment en homme ou en femme, vivant comme un couple.
- Le trio écume les mers et pille de nombreux navires, provoquant la colère du Gouverneur anglais de la Jamaïque.
- Celui-ci lance ainsi une grande chasse à Jack Rackam et son équipage en 1720. Grâce au courage et à la ruse de Anne, les pirates attaquent et capturent plusieurs navires anglais qui étaient à leur poursuite.
La fin de l'aventure :
- Mais voilà...le 21 octobre 1720, un soir où l'équipage pirate s'est saoulé, les anglais attaquent et trouvent peu de résistance hormis de la part des deux femmes qui se battent seules comme des lionnes. Anne et Mary, écœurées par le manque de combativité de leurs collègues abattent elle même 2 pirates et blessent Jack Rackam. Il faudra aux anglais plus d'une heure de combat pour venir à bout de la résistance de Anne et Mary.
- Jugée en novembre 1720, les trois pirates sont condamnés à être pendus. Mais Mary et Anne évitent provisoirement l'échafaud en prétendant qu'elles sont enceintes.
- Anne obtient de rendre visite à son ancien amant, Jack Rackam et lui déclare : "Si vous vous étiez battu comme un homme, vous n'auriez pas à mourir comme un chien" Et Bim!
- Jack est pendu le 17 novembre 1721.
- Mary meurt quelques mois plus tard en prison, de la fièvre jaune en avril 1721.
- Pour Anne...rien d'officiel dans les livres d'Histoire. La seule certitude c'est qu'elle a été graciée par le Gouverneur la veille de Noel 1721. Elle sort alors de prison, et disparait littéralement. 3 versions sont possibles :
- Son père aurait payé sa rançon, et elle aurait refait sa vie en se remariant. Elle serait morte en 1782.
- Elle aurait rejoint son premier mari, James Bonny
- Elle aurait repris son ancienne vie de pirate
Inutile d'envoyer un SMS au 73232, il se s'agit pas d'un vote du public pour la fin de l'histoire. Choisissez simplement celle qui vous plait le plus, c'est aussi ça le charme de l'Histoire parfois :-)
Si cette chronique sur deux femmes pirates au caractère bien trempé vous a plu, aimez, commentez, partagez!
La semaine prochaine, nous ferons connaissance avec celui qui a forgé sa légende en moins de 2 ans de carrière pirate, et j'aurais du lourd, du très très lourd!
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