lundi 19 janvier 2015

Une femme dans l'Histoire #4 : Olympe de Gouges "Une femme de tête"

Aujourd'hui c'est lundi, et le lundi soit on va à la salle de sport pour éliminer le foie gras de Noel, soit on lit "La petite histoire de l'Histoire".

Comme moi j'élimine 1 kg à chaque chronique, j'ai le plaisir aujourd'hui de pouvoir vous parler d'une femme qui fut pionnière en son temps : Olympe de Gouges.

Ecrivain, féministe avant l'heure, libertine, libre, belle, révoltée et en lutte contre les inégalités, Olympe va pourtant finir assez mal. Mais déroulons le fil de sa vie ensemble.

 
Mais qui es-tu Olympe?
 
- Elle né le 7 mai 1748 à Montauban et son nom de baptême est Marie Gouze. Olympe ne sera qu'un nom littéraire qu'elle se donnera plus tard.
 
- Sa maman s'appelle Anne-Olympe. Son père est boucher, et ne signera pas le certificat de baptême d'Olympe car il était absent...Il devait avoir poney ce jour là. En vérité, il a déjà surement des doutes sur sa paternité. Tout le monde le sait à Montauban, le véritable papa d'Olympe est un marquis qui fut le parrain d'Anne-Olympe, un écrivain dévot qui fut en son temps l'ennemi de Voltaire.
 
- En octobre 1765, à 17 ans, elle est mariée plus ou moins de force à un traiteur parisien qui a 30 ans de plus qu'elle, car il est le meilleur client de son papa. Comme quoi, un geste commercial pour un client fidèle peut prendre plusieurs formes... Olympe qualifiait le mariage de "tombeau de l'amour et de la confiance" Homme grossier et inculte, son mari se noie dans le Tarn en 1766. Entre temps, Olympe accouche de son seul et unique enfant : Pierre
 
- Olympe ne souhaite en aucun cas se remarier. En effet, la loi française de l'époque demande l'autorisation du mari pour qu'une femme puisse publier des écrits. Olympe, veuve, échappe ainsi à tout contrôle et peut écrire librement.
 
- En 1770, elle décide de monter à Paris, et prends le nom d'Olympe de Gouges
 
- Elle mène alors une vie de femme libre, entretenant plusieurs liaison qui lui permettent d'être entretenue financièrement et en profite pour se lancer dans le théâtre, menant sa propre troupe dans laquelle joue également son fils.
 
- Elle défend ardemment la cause des Noirs et s'insurge contre l'esclavage, position courageuse et audacieuse sous l'Ancien Régime. Sa pièce principale a pour but d'attirer l'attention du public sur le sort réservé aux Noirs esclaves des colonies. Elle sera à l'origine de la création du "Club des Amis des Noirs" mais n'en fera jamais parti car le règlement intérieur excluait les femmes...
 
- En 1785, elle est la cible d'une lettre de cachet qui doit l'envoyée à la Bastille. Grâce à ses relations, elle parvient in extremis à faire annuler la lettre
 
- Embrassant la Révolution qui lui semble répondre à toute ses aspirations humanistes, elle publie de nombreux textes où elle réclame que la femme soit traitée à l'égal de l'homme, notamment dans l'action politique. Elle déclare "Si la femme a le droit de monter à l'échafaud, elle doit également avoir celui de monter à la Tribune"
 
- Dans l'une de ses brochures, la "Lettre au Peuple", elle propose un vaste programme de réformes sociales et sociétales : elle a notamment l'idée de créer des maternités, des foyers pour les mendiants, des ateliers nationaux pour les chômeurs, la suppression du mariage religieux et la mise en place d'un contrat d'union civile, la reconnaissance des enfants nés hors mariage... bref, beaucoup de choses que la France mettra en place bien plus tard.
 
- Elle obtient que le divorce soit institué par la nouvelle constitution en 1792. Droit éphémère puisqu'il sera supprimé en 1816.
 
- Favorable à une monarchie constitutionnelle, elle se propose de défendre Louis XVI lors de son procès. Elle s'insurge ensuite du traitement infligé à Marie-Antoinette et lui écrira directement. Olympe rédige alors la "Déclaration des droits de la Femme et de la citoyenne"
 
- Elle obtient à force de publications que les femmes soient admises au cérémonies nationales.
 
- Arguant que la Révolution ne doit pas se faire dans le sang, elle qualifie Marat de "Cannibale" et se méfie de Robespierre dont elle craint que l'ascension ne mène à la dictature. Elle se rapproche alors du parti Girondins...mauvais choix tactique...
 
- En effet, elle est arrêtée le 20 juillet 1793. Condamnée à mort le 1er novembre, elle tente d'échapper à la guillotine en disant qu'elle est enceinte (elle avait une liaison avec un prisonnier). Peine perdue, elle monte sur l'échafaud le 2 novembre 1793., avec courage et dignité. Elle a alors 45 ans. Ses derniers mots seront "Enfants de la patrie, vous vengerez ma mort"
 
- Son fils, entré dans l'armée, craignant pour sa carrière, rédige alors un document public dans lequel il renie sa mère...
 
Son héritage
 
Cette femme, qui a quasiment inventé le féminisme à elle seule, a été décrite par les historiens du 19e siècle comme une libertine virulente et hystérique. Longtemps décriée et méprisée, Olympe de Gouges tombe dans les oubliettes de l'Histoire de France.
 
En revanche, elle est très étudiée au Japon, aux Etats-Unis et en Allemagne pour son indépendance d'esprit et ses écrits.
 
Il faudra attendre les années 80 pour qu'en France, elle soit réhabilitée par des études historiques plus sérieuses et plus poussées, à tel point qu'aujourd'hui, elle fait partie des personnalités qui devraient être admises au Panthéon. Cela devait être le cas en 2014, mais la décision a été reportée.
 
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La semaine prochaine, nous découvrirons le destin d'une autre femme sous la Révolution, et j'aurais du lourd, du très très lourd.
 
 

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